Retour sur une année de remplacements

Retour sur une année de remplacements

Les vacances scolaires sont enfin arrivées, l’occasion de faire un petit bilan de cette année de boulot en tant que Brigade de Formation Continue.

Le début d’année fut un peu difficile, j’étais jeté dans ce poste sans aucune information, sans préparation, espérant juste que j’allais m’en sortir. Je me disais que comme je faisais les remplacements de formation, normalement les enseignants me laissant leur classe prépareraient tout. Ce fut le cas, dans la majorité des cas. Les échanges en amont avec les professeurs permettaient de bien préparer la journée et de pouvoir compléter les moments de liberté que certains me laissaient. Mon travail a convenu à certains, qui me remerciaient des cours menés avec les élèves et du compte-rendu que j’envoyais par mail.

Une minorité de remplacements qui fait regretter

Une minorité de remplacements m’ont par contre vite fait regretter ce poste. J’ai vite compris que certains enseignants avaient un manque de considération pour les remplaçants, les considérant comme des sous-profs, ou refusant de préparer la classe.

Combien de fois je suis allé dans des classes où malgré les prises de contact en amont, l’enseignant ne m’a jamais répondu et n’a laissé aucun travail, alors que les documents d’harmonisation imposent la préparation de la première journée de remplacement et de donner des pistes de travail pour les jours à venir. Certains répondaient quand même aux mails, m’informant qu’ils me laissaient « libre » sans me donner aucune information sur la classe, que ce soit le niveau, où ils en sont dans le programme ou tout autre information utile… Une enseignante m’a même dit un jour « Ça me fait chier de préparer pour les autres, débrouille-toi ! » Un vrai cri du cœur.

Il y a aussi les remplacements où la communication avant le remplacement fonctionne bien, les informations demandées sont transmises et le travail est prêt. Sauf qu’une fois arrivé dans la classe, je me retrouve à chercher pendant plus de 30 minutes des documents essentiels comme le cahier d’appel, l’emploi du temps, les documents sensés être sur le bureau, etc. J’ai même eu le droit à un remplacement où l’ordinateur du TNI avait été enlevé, TNI qui est le seul tableau de la classe.

Dans de nombreuses écoles, il y a une certaine méfiance vis-à-vis des remplaçants, on y ferme toutes les portes des armoires pour l’empêcher d’utiliser le matériel alors même qu’on lui demande de faire arts plastiques, que les élèves n’ont plus de place dans leurs cahiers ou encore que l’ordinateur du TNI se trouve dans cette armoire. Dans ces écoles, le code de photocopieuse de la classe n’est pas communiqué au remplaçant, de peur qu’il l’utilise en intégralité. Il y a d’ailleurs un code spécial remplaçant, qui est vidé en intégralité à partir du mois de décembre ou janvier, quand les collègues ont dû imprimer les bulletins et qu’ils ont préféré utiliser le compte des remplaçants.

On en vient au bout d’un moment à venir avec une ramette de feuille blanche dans son sac, son propre ordinateur (ou sa tablette dans mon cas), un gros paquet de photocopies réalisées à la maison, une trousse pleine de stylos et crayons, une autre de feutres pour tableaux blancs et divers matériel pour les arts ou la manipulation, le tout acheté à nos frais.

Sans compter les classes difficiles où des enfants ne supportent personne d’autre que leur propre enseignant et font la misère à tous les remplaçants qu’ils croisent. L’enseignant de ces classes prévient d’ailleurs souvent en amont par la formule « Ils sont un peu turbulents » qui est un doux euphémisme.

Enfin, il y a l’école de rattachement, celle où l’on se rend lorsqu’il n’y a pas de remplacement prévu ou que la secrétaire de circonscription ne nous appelle pas. J’y ai passé une dizaine de jours cette année, plus 4-5 jours où j’ai remplacé dans l’école, et à aucun moment je ne m’y suis senti à ma place. La communication était chaotique, je n’étais jamais prévenu du changement de date ou d’heure des réunions, me déplaçant souvent pour rien, j’ai fini par ne plus y aller. Le peu de fois où j’ai réussi à me rendre en réunion, on m’a fait comprendre que l’on ne m’attendait pas et que je pouvais faire ce que je voulais. Les repas avant les périodes de vacances, je n’y étais même pas invité, la kermesse de l’école, j’ai découvert sa date en passant un soir par hasard devant l’école pour me rendre au restaurant. En fin d’année, j’ai même signé des cartes de départ pour des enseignants, alors que je partais aussi et que je n’ai eu aucune carte. La directrice de mon école m’a même fait remarquer le dernier jour « Je viens de réaliser que tu ne seras plus avec nous l’an prochain », je pense même qu’elle venait de réaliser que j’étais membre de l’équipe éducative de cette école. Lorsqu’elle m’a demandé si j’étais ému en fin de journée de partir, je lui ai répondu que je ne me suis senti à aucun moment dans l’année dans mon école.

Ce que je retiens de cette année

Le bilan de cette année n’est pourtant pas si négatif qu’il semble être, j’ai énormément appris. Je pense que cette année d’expérience m’a permis d’être plus efficace sur mes préparations de classe, ainsi qu’à m’adapter plus facilement aux aléas de la classe. Cette année m’a également permis de voir différentes organisations de classe et d’école, ainsi que d’aller dans tous les niveaux de la toute petite section au CM2 (j’ai échappé à l’ASH et à la SEGPA). Je mets aussi de côté dans ma tête quelques indications utiles pour les collègues remplaçants qui viendront me remplacer l’an prochain dans mes différentes classes (une journée en CP, trois jours en CM1-CM2 mais dans deux classes et écoles différentes).

Posted on
Categories: