Professeur des Écoles Fonctionnaire Stagiaire (PEFS pour les intimes) pour la deuxième, je valide enfin mon stage pour entrer officiellement dans le monde de l'éducation nationale. Petit retour sur ces deux années de hauts et de bas...

Une première année difficile

J'ai passé et obtenu le Concours de Recrutement des Professeurs des Écoles (CRPE, oui, on aime les acronymes dans l'Éducation nationale) en 2016 alors que j'étais en première année de Master MEEF (Métiers de l'Éducation de l'Enseignement et de la Formation), ce qui était le cursus normal. L'obtention du CRPE et la validation de la première année de master m'ouvrant la voie à la seconde année de master en alternance avec deux jours en classe devant des élèves et deux jours en formation à l'ESPE (École Supérieure du Professorat et de l'Éducation, anciennement IUFM et encore avant École Normale).

La partie Master 2 était particulièrement difficile, de nombreuses heures de cours, énormément de dossiers à réaliser sans en voir forcément l'intérêt et un travail monstre à réaliser, avec la préparation des cours et les heures devant élèves, on était facilement entre 40 et 50 heures de travail hebdomadaire (voir plus pour ceux qui aimaient fournir des dossiers de 60 pages pour l'ESPE quand seules 15 étaient demandées).

Pour nous accompagner dans cette année, deux tuteurs nous ont été attribués :

  • un tuteur terrain : PEMF (Professeur des Écoles Maitre Formateur), un enseignant en poste qui est déchargé d'une partie de ses heures de classe pour effectuer de la formation
  • un tuteur ESPE : professeur de l'université chargé de nous accompagner dans la réalisation de notre mémoire

Si le premier semestre s'est plutôt bien passé, malgré de petits soucis de communication avec mon tuteur ESPE, le second semestre a été une descente aux enfers. Je n'arrivais plus à communiquer avec mes tuteurs qui me demandaient des choses en décalage total avec ce qui était demandé avant, je n'arrivais plus à comprendre ce qu'ils attendaient de moi et chacune de leur visite dans me classe faisait monter mon stress sans qu'il ne puisse redescendre par la suite. À force de monter, le niveau de stress ne fut plus supportable, et je me suis effondré en plein cours à l'ESPE. Des amies m'ont soutenu et m'ont accompagné de force au cabinet médical le plus proche, où le médecin m'a arrêté pour burnout et dépression (2 jours où je n'avais pas cours devant les élèves, juste avant des vacances scolaires), ce que ma tutrice terrain n'a pas accepté.

Après une période de repos mais toujours sous médication, me voilà reparti sur le chemin de l'école à faire cours, à préparer mon mémoire presque sans contact avec mes tuteurs, dont les mails me provoquaient à chaque fois une poussée de stress. La dernière visite de ma tutrice s'est plutôt bien déroulée, même si elle m'a reproché des rumeurs s'étant propagées à l'ESPE, ce à quoi je n'ai pas répondu, ayant perdu toute envie de me battre en vain contre des âneries dont je n'étais même pas au courant. En partant, elle informe mon directeur, avec lequel je partageais la classe, que ça s'était bien passé et qu'elle me validait mon année, ce qu'il s'est empressé de me dire.

Sauf que quelques semaines plus tard, j'ai reçu à l'école un courrier du Rectorat me convoquant sans plus d'information pour un entretien, je savais que je n'avais pas validé mon année, que la tutrice n'avait pas dit la vérité à mon collègue... J'ai pris connaissance de mon rapport de titularisation très négatif une semaine avant l'entretien. J'en ai parlé à mes amis de l'ESPE et c'est arrivé jusqu'aux oreilles d'une formatrice qui a envoyé une personne des syndicats me proposer son aide, que j'ai accepté pour tenter de m'en sortir. Avec l'aide des syndicats et de la directrice de l'ESPE de mon site (qui n'est pas le site de formation principal de l'académie), j'ai pu préparer mon entretien devant le jury académique et me défendre pour me voir proposer une seconde chance.

Le bout du chemin

J'ai donc débuté en septembre 2017 ma deuxième année de stage, cette fois-ci en suivant à mi-temps un Diplome Universitaire, je devais également finir de valider mon Master où il me manquait l'EC de Stage. Pour cette seconde année, l'Éducation Nationale m'a changé d'école, de binôme (qui est une amie de promotion de l'ESPE) ainsi que de tuteur terrain. L'ESPE de son côté n'a pas changé mon tuteur, mais une réduction budgétaire avait changé l'encadrement et il n'était plus nécessaire qu'il vienne en visite en classe. J'avais donc bon espoir de ne pas le voir, d'autant que j'avais validé mon mémoire.

Les visites de ma nouvelle tutrice terrain se sont toutes très bien déroulées, pour la première fois depuis mon entrée dans le métier, j'ai reçu des compliments et des conseils d'amélioration plutôt que des réprimandes et des remarques acerbes. Les discussions étaient cordiales et j'ai beaucoup apprécié travailler avec elle, j'ai appris à ne plus stresser lors de ses visites et à mieux analyser ma pratique. Elle m'a soutenu lors de la visioconférence avec le tuteur de l'ESPE et a communiqué toute l’année avec celui-ci pour lui dire que tout se passait bien.

J'ai appris en fin de période 4 (juste avant les vacances d'avril), que l'Inspecteur viendrait en visite personnellement pour valider le stage jeudi 17 mai. Le tuteur ESPE m'a informé de sa visite le jeudi 17 mai également mais seulement 5 jours à l'avance. Cette journée a probablement été la plus stressante de l'année, pas forcément dû à la visite de l'Inspecteur qui m'a très vite mis en confiance, mais plus pour la visite du tuteur ESPE dont la simple évocation me mettait mal à l'aise.

L'« inspection » du matin (le terme étant encore utilisé pour les professeurs stagiaires) s'est très bien déroulée, j'ai pu retrouver le climat serein, quelques compliments (notamment pour le travail en équipe avec ma binôme et les autres enseignants de l'école qui lui ont glissé des mots gentils à mon sujet) et les conseils avisés dont ma tutrice m'avait habitué, et l'Inspecteur m'a directement informé qu'il mettrait un avis favorable à ma titularisation, ce qui m'avait enlevé d'un poids. Un supérieur hiérarchique me confirmait enfin que j'avais ce qu'il fallait pour être professeur des écoles !

L'après-midi, le tuteur ESPE est arrivé en classe, un peu en retard, a observé et nous avons réalisé l'entretien le plus court jamais réalisé : 30 minutes chrono. Alors qu'il m'avait habitué à 1h - 1h30. Il m'a également informé qu'il allait valider mon stage et qu'il allait rédiger avec ma tutrice le dossier de validation de l'EC Stage pour mon mémoire (et j'ai une trace écrite reçue par mail de ses paroles).

Tout s'est finalement arrangé et sauf retournement de situation imprévu (ce qui n'arrivera pas, je l'espère), je serai professeur des écoles à temps plein dès la rentrée de septembre 2018 !